Présentation

Mercredi 27 février 2008
Normalement Opoto.over-blog ne devait plus fonctionner.  Mais là trop grave. Et aucun journaliste de la télé, pourtant épris de liberté (il parait)  et de pluralisme (mouf), pour en parler et informer qu'à l'heure où Nicolas le bref se pavane à N'Djamena on meurt à Douala !

Alors voici l' article de l'AFP  pour en savoir plus sur la colère des camerounais.

undefined

Cameroun: poursuite des violences malgré la fin de la grève

DOUALA (AFP) — Une grève contre la hausse du prix du carburant au Cameroun a dégénéré en de graves violences qui ont fait 17 morts et mêlent malaise social et contexte politique tendu, sur fond de spéculations et de luttes intestines autour de l'avenir du président Paul Biya.

Depuis samedi, les incidents opposant manifestants et forces de l'ordre ont fait au moins 17 morts, selon un bilan établi mercredi par l'AFP.

Les chauffeurs des très nombreux taxis et moto-taxis du pays sont entrés en grève lundi pour protester contre l'augmentation du prix du litre d'essence, passé le 7 février de 584 francs CFA (0,89 euro) à 600 FCFA (0,91 euro). La grogne concernait aussi le renchérissement de plusieurs produits de première nécessité.

Mais la contestation a immédiatement débordé le cadre de la grève. Des groupes de personnes, souvent jeunes, sont descendus dans les rues de Douala, la capitale économique du pays, et d'autres villes de l'ouest, incendiant des pneus, des véhicules et des kiosques pour dresser des barricades.

Des affrontements ont éclaté avec les forces de l'ordre. Des pillages de commerces, notamment de ceux appartenant à des Chinois, ont été constatés.

Les violences ont gagné mardi Yaoundé, la capitale camerounaise.

La situation semblait devoir rentrer dans l'ordre mercredi, après une nuit de négociations entre les syndicats de transporteurs et la Caisse de la stabilisation du prix des hydrocarbures (CSPH). Les grévistes ont obtenu gain de cause avec une légère baisse du prix du litre d'essence, à 594 FCFA (0,90 euros).

Les syndicats ont donc décidé mercredi matin de cesser leur grève et ont lancé un appel au calme, relayé par l'archevêque de Douala, le cardinal Christian Tumi.

Mais la circulation n'a pas repris mercredi. Les incidents, en revanche, se sont multipliés.

A Douala, des tirs ont retenti dans plusieurs quartiers. Sur le pont sur le Wouri, la police a utilisé des lances à incendie pour disperser des manifestants, dont certains sont tombés dans le fleuve, ont rapporté des témoins.

La radio nationale a signalé de nouveaux troubles dans plusieurs villes, dont Bamenda et Buéa (ouest). Un élu local du parti au pouvoir a fait état de huit nouveaux morts mardi soir et mercredi à Njombé et Loum, deux localités au nord de Douala.

"Les boutiques et magasins sont fermés. Tout le monde essaie de rentrer à la maison", a affirmé à l'AFP une habitante de Yaoundé, où des coups de feu ont retenti, notamment près du quartier résidentiel de Bastos.

"Ce qui se passe au Cameroun n'a rien à voir avec une simple grève contre la hausse du prix du carburant. C'est l'expression des nombreuses frustrations du peuple camerounais", estime Joshua Osih, le vice-président du Social Democratic Front (SDF), principal parti d'opposition.

"Le mal est très profond", insiste-t-il, soulignant que la quasi-totalité des "casseurs" ont moins de 30 ans et n'ont pas de travail.

Ces incidents s'inscrivent aussi dans un contexte politique tendu en raison du projet de révision de la Constitution, visant à autoriser le président Biya, au pouvoir depuis 1982, à briguer un nouveau mandat en 2011.

Dans plusieurs villes, les pancartes brandies par les manifestants mêlent des revendications sociales sur le coût de la vie aux slogans invitant Paul Biya, 75 ans, à quitter le pouvoir.

Depuis le début de la crise, le chef de l'Etat, qui s'exprime rarement en public, est demeuré muet.

Selon un diplomate occidental, le président Biya est aussi pris en étau, dans son propre camp, entre des "réformateurs" partisans d'une lutte accrue contre la corruption qui gangrène le pays et des "durs" qui "veulent continuer à se servir" dans les caisses de l'Etat.

Par BEB - Publié dans : opoto
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus