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Quelques nouvelles de nos aventures au Cameroun
Simon, Jolan, Claude et Bruno
Interdit de laver sa mobylette isi
Bruno Essard-Budail
Chaleur et moiteur
Tu dis que quoi ?
Qu’il fait meilleur ailleurs ?
Les gens souffrent à Dschang à Bamenda à Maroua,
Et à Sangmélima
Mais à Douala ?
Il pleut
J’ai pas dormis depuis
Allez, donne moi un bâton
Pas du miondo, un bâton pour mes poumons.
Dans les quartiers sans lumière
La pluie inonde les ruelles
Donne l’argent !
Les policiers sont voleurs
Les ombres violent les fillettes
Cache cette jambe, cache ce sein
Un bite transperce
Une longue plainte jaillie sous l’averse
Et ceux qui se terrent
Derrière les minces cloisons ?
Un taco surchargé vogue de flaques en flaques
« SVP ne me déviergez pas » inscrit sur son pare choc.
Des benskineurs driblent les voitures
Sans lumière, sans casque, sans espoir
Un clando traverse la nuit en pétaradant
Tandis qu’à Bonanjo un VX respecte l’unique feu rouge
Là haut les avions s’évadent
Mais ça fait combien de temps
Que tu fais la queue devant le consulat ?
Devant son étal posé sur les égouts
Buyam sellam attend le client
La mangue est belle et l’ananas, si si, est frais
Un gosse propose une bouteille d’arachides
C’est mille francs patron et j’ai faim
Au carrefour les mendiants envoient leurs enfants
Lécher les vitres des voitures des blancs
Mais le frère qui passe mine de rien
Dans son costume Armani ?
Il pleut dru et je n’ai pas de maison du parti
Entrons dans ce maquis
Dévorons les brochettes et le soya
Une Castel pour faire glisser
Laisse-moi gamin j’ai pas besoin de lotus
Un vieux sirote une Beaufort au bout du comptoir
Un fayman parle fort dans son portable
Sur le beach ils ont détruit le pont
Mais, la route, elle viendra quand ?
Sur l’île de Djébalé pas de lumière, pas de voiture
Des vestiges coloniaux, allemands surtout
Sur une pancarte surgie de nulle part :
« Fan club Didier Drogba »
Et des enfants qui tripotent un ballon dégonflé
Dans la cour de l’école, sous les manguiers
Un verre de vin de palme comme rafraîchissement
Puis une merveille : le met de pistache
Et le Fofo, ex Odondol, du sérieux, du costaud
Sur les plages de Limbé et de Kribi
De vieux blancs, tout blanc,
Bavent devant de jeunes filles courtes vêtues
« Mes seins c’est 5000, ma chatte 10000, pour voir offre moi un verre
La pipe 20000, bois ton whisky
L’amour 30000, mais termine ton jus
Le soleil tombe dans la grande salée, allez encore un verre
Et pour 50000 je viens avec ma sœur, vide la bouteille
Et ton cul c’est le mariage ?
Pas besoin d’alarme sophistiquée
L’enfant de la rue garde la voiture
À Akwa, à Bonanjo, à Bonapriso, à Bali
« Je garde patron, je garde »
Un autre : « Un Mont-Blanc, une Rolex, du champagne ? »
Mais la famille à nourrir
L’écolage pour la petite sœur
Le beignet haricot et la motivation, c’est combien ?
Et le point d’achèvement ?
Sur les plages de Limbé et de Kribi
De vieux blancs, tout blanc,
Bavent devant de jeunes filles courtes vêtues
« Mes seins c’est 5000, ma chatte 10000, pour voir offre moi un verre
La pipe 20000, bois ton whisky
L’amour 30000, mais termine ton jus
Le soleil tombe dans la grande salée, allez encore un verre
Et pour 50000 je viens avec ma sœur, vide la bouteille
Et ton cul c’est le mariage ?
Pas besoin d’alarme sophistiquée
L’enfant de la rue garde la voiture
À Akwa, à Bonanjo, à Bonapriso, à Bali
« Je garde patron, je garde »
Un autre : « Un Mont-Blanc, une Rolex, du champagne ? »
Mais la famille à nourrir
L’écolage pour la petite sœur
Le beignet haricot et la motivation, c’est combien ?
Et le point d’achèvement ?
Mange-mille, mon ami policier
Dans ton costume de foire auréolé de galons
Fayman de la fonction publique
Voleur patenté
Il est bien tard quand tu agites
Frénétiquement ta petite lanterne
Tu veux de l’argent pour ton carburent
Mais c’est pas gratuit la bière
C’est au moins 500 !
Les corrompus gangrènent la ville
Ils portent en eux la haine et la grisaille
Comme ces marchands de sommeil
Qui hantent les cloaques insalubres et nauséabonds
Des quartiers miséreux et délaissés
Ils s’empiffrent de l’aide humanitaire
Investissent la dette dans des palaces occidentaux
Et arment des enfants-soldats
Avec la bénédiction du fmi et de la banque mondiale
Les enfants de Maképé
Sont dans le livre de Lionel Bourg
Sous les toits de tôle
Etouffés par la poussière brûlante
Entassés à plus de 100 par classe
Ils citent Sartre et Boris Vian
Et rêvent du visa pour étudier en France
Sinon ils grossiront les troupeaux entassés sur les pirogues des passeurs
Proies passives de tous les requins
Un mort gît au bas de chez moi
C’est un bandit, c’est un bandit
Nu
Battu de mille coups de bâton
Laissé là pour l’exemple
Dans la pourriture d’un caniveau ensanglanté
Demain il sera dans le journal
Puis jeté dans une fosse commune
Sans oraisons, ni fleurs, ni pleureuses
Rue de la joie à Deïdo
À droite après le collège Saker
Le cri lancinant du Bikutsi
Des sonos poussées à saturation
Posons-nous dans ce container
Amis poètes
Refaisons le monde
Pisons sur les grandes ambitions
Faisons tourner la calebasse et inventons l’aurore
La nuit finie chez Eugène
On sirote un bon whiskey au bord du Woury
D’un coté le pont et la ville de l’autre l’immensité des légendes Sawa
Pasto mime son fameux but contre l’Angleterre
Coupe du monde 90
Le capitaine braisé envahi la table, et le miondo,
Les pommes de terre au poivre de Penja, le ndolé, les crevettes,
Le plantain à peine caramélisé, le poulet D.G., le ndomba de poisson,
Le crocodile au fumé de termites, la vipère et toutes les odeurs…
« Et Bru, tu dors ? »
Tous les seins circulent sur le Boulevard de la liberté
« Pas encore, Eugène, pas encore… »| Mai 2012 | ||||||||||
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